Délégationdu Pas-de-Calais

Bienveillance, compassion, partage et service

Depuis plusieurs années, le Secours Catholique de Béthune a intégré dans ses actions le soutien aux migrants. Cela s’est traduit par une aide apportée aux migrants de Calais : service des douches dans un local à proximité de Calais puis dans le centre Jules-Ferry qui a fermé ses portes à la fin d’octobre 2016, distribution de petits déjeuners et de boissons chaudes, rencontre des migrants dans la « jungle », collecte de vêtements et de vélos, mais également apprentissage du français pour les réfugiés implantés dans le Béthunois et accompagnement dans la recherche d’emploi. Ce travail bénévole auprès des migrants nous a appris à ne pas avoir peur de la différence, à comprendre que ces personnes fuient la guerre et la persécution jusqu’à risquer leur vie dans l’espoir d’un avenir meilleur, qu’elles sont confrontées à l’hostilité et au rejet, qu’elles gardent le sourire malgré leurs conditions de vie, qu’elles vivent la déchirure du départ et de l’éloignement de leur pays et de leur famille. Et nous, qu’avons-nous à leur offrir ? Cela peut se résumer en quatre mots : bienveillance, compassion, partage, service.

Bienveillance, compassion, partage et service

publié en mars 2017

Bienveillance : les migrants ne sont pas des terroristes. Ils ne viennent pas prendre notre travail ni profiter de nos prestations sociales. Ils sont des frères en humanité, différents de nous certes par leur culture, leur religion, mais des frères en Jésus-Christ.

Compassion : ce qu’ils ont enduré, dans leurs pays puis tout au long de leur voyage et durant leur séjour en France, est inimaginable pour la plupart d’entre nous. Nous pouvons au moins leur offrir notre écoute et notre compassion.

Partage : si nous laissons les migrants à distance, il ne peut y avoir de partage. Le partage est un échange mais il suppose que nous croyions qu’ils peuvent nous apporter quelque chose et que nous soyons prêts à partager du temps avec eux.

Service : j’aurais pu dire entraide, solidarité… J’ai choisi « service » parce que Jésus lui-même nous invite à être serviteur. Quand je suis de service aux douches, cela consiste à nettoyer les douches après chaque passage, la question n’est pas de savoir si cela est gratifiant ou non, mais plutôt : est-ce que cela leur est utile ? Faire en sorte que tous puissent entrer dans une douche propre en étant accueillis avec un bonjour souriant, alors qu’ils vivent bien souvent dans le froid et dans la boue, est le moins que je puisse faire.

Depuis plus d’un an, nous avons ajouté un nouveau type de soutien aux migrants : le témoignage. En effet, si notre expérience nous a permis de mieux comprendre leur vécu, nous nous sommes également aperçus que cette connaissance, qui permet de ne plus en avoir peur, n’était partagée que par peu de monde et que cela ne permettait pas de faire évoluer les mentalités. C’est pourquoi nous nous sommes engagés dans le témoignage auprès des jeunes : lycées, collèges et écoles primaires. À chaque fois, nous faisons le même constat : les jeunes, mais nous pensons qu’il en est de même de nombreux adultes, ne connaissent pas cette réalité ou la connaissent uniquement à travers ce que nous montrent des médias bien souvent plus friands de spectaculaire, de confrontation et de violence que de la réalité humaine qui est au cœur de leur vie. Le témoignage permet de donner visage humain à cette réalité de la migration des peuples, qui a toujours existé et qui continuera d’exister.

François Giezek

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