L’épicerie sociale existe depuis février 1999.
Elle rassemble des familles en situation de précarité, ayant bénéficié d’aides du Secours Catholique. L’accès à l’épicerie sociale est octroyé pour une durée de vingt semaines. Il ne s’agit pas seulement de leur permettre d’acquérir des denrées alimentaires ou des produits de première nécessité à prix coûtant. Il s’agit surtout d’aider les familles dans leurs démarches, de les accompagner dans la résolution de leurs difficultés et ce, en passant par des actions pédagogiques : établir et gérer un budget, savoir suivre ses consommations d’énergie, savoir établir un repas équilibré à moindre coût…
Cette « épicerie sociale », qui a d’ailleurs pris maintenant le nom de « groupe d’achat familial », réunit 14 familles, tous les mardis après-midi. Elle est ouverte aux habitants de Saint-Omer, mais également à ceux de Lumbres, Fauquembergues, Eperlecques.
La première partie de la réunion est consacrée à des sessions d’information, des débats, des travaux pratiques ponctués par des intervenants extérieurs : une conseillère d’éducation familiale, un représentant de la Caisse d’allocations familiales ou de l’Assurance maladie…
La deuxième partie est consacrée aux achats, avec une particularité : en s’engageant dans cette session, la famille concernée a défini un projet : achat d’une nouvelle cuisinière, d’un réfrigérateur, de mobilier pour la chambre d’un enfant à naître… Chaque famille détermine, au regard de ses possibilités, son propre budget. Ainsi, elle s’engage à acheter chaque semaine pour la même somme, par exemple 30 €. En contrepartie, à la fin de la session, le Secours Catholique va lui remettre 75 % de la somme totale dépensée, dans ce cas précis, 450 €, et va avec elle effectuer l’achat prévu et concrétiser le projet initial. Il s’agit donc d’un apprentissage à l’épargne.
Le Secours Catholique, qui accompagne les personnes en difficulté, souhaite que ce type de dispositif soit géré par les pouvoirs publics et les collectivités territoriales. En ce sens, le Secours Catholique ne peut que se réjouir de la prochaine création d’une « épicerie sociale » par la commune de Saint-Omer.
Irène Bila Hade a été très impressionnée par le fonctionnement de cette épicerie sociale et par l’esprit volontaire des familles rencontrées. Elle espère adapter cette action au Togo dans le diocèse de Dapaong.
Accompagner les personnes qui vivent des situations de précarité afin qu’elles puissent témoigner de leur histoire est quelque chose de primordial pour le Secours Catholique. C’est un moyen de se recentrer sur l’humain et de permettre à l’Homme de devenir acteur de changement pour notre société.
Michel Frocaut