Délégationdu Pas-de-Calais

Parrainage de proximité : un parrain pour bien grandir

Le parrainage de proximité était à l’honneur au mois de juin, à l’initiative de « Tous parrains ! ». Ce collectif, dont le Secours Catholique est membre, regroupe près d’une centaine d’associations locales de parrainage. Son objectif est de faire connaître au grand public ce mode d’engagement citoyen, qui vise à créer du lien autour d’un enfant et de sa famille.

Parrainage de proximité : un parrain pour bien grandir

publié en septembre 2017

Au Secours Catholique, le parrainage de proximité est mis en place depuis plusieurs années. Pour les parents en situation de précarité, désemparés ou isolés, cette expérience permet d’élargir l’environnement social de leur enfant. Ce dernier construit un lien avec un adulte autre que son parent et découvre des horizons nouveaux qui concourent à son épanouissement.

Le parrainage repose sur des valeurs de réciprocité, d’enrichissement mutuel et sur la confiance. Il se traduit par des temps partagés entre le filleul et le parrain (sorties, activités, loisirs, repas, journée, week-end, vacances…).

Jeanine est devenue marraine il y a trois ans, alors qu’elle cherchait à concilier bénévolat et activité professionnelle. « Le parrain, témoigne-t-elle, n’a pas pour rôle de se substituer aux parents. C’est un lien supplémentaire, qui se tisse dans le temps, avec l’enfant et sa famille. »

« C’est un échange de richesses humaines, où tout le monde est acteur », renchérit Julien.

Clothilde, marraine de Samia, a construit avec la jeune fille et sa maman une relation de confiance et d’amitié.

« Comme je suis fille unique, témoigne Samia, je m’ennuie. Une marraine me permet d’avoir des échanges et de m’épanouir. »

À NANTES, « MINA » ET LISA, MARRAINE ET FILLEULE

Dans la ville de Nantes, Lisa, 11 ans, est parrainée par Jocelyne et René, retraités depuis peu. Épanouissement et partage de savoirs sont au rendez-vous.

À Nantes, une petite fille sort de l’école. C’est un jeudi. Il est midi. Menue, la peau mate et les cheveux bouclés retenus par un serre-tête, Lisa, 11 ans, se jette dans les bras d’une femme qui l’attend devant le portail de l’école. « Mina ! », s’exclame-t-elle en souriant. La femme, âgée d’une soixantaine d’années, la serre contre elle, l’embrasse et lui demande si elle a passé une bonne matinée.

Une scène banale de tendresse entre une grand-mère et sa petite-fille. Pourtant, Lisa et Jocelyne n’ont aucun lien de parenté. Elles ne se connaissent que depuis sept mois. Elles sont marraine et filleule. Mina, c’est le doux surnom que Lisa a choisi pour Jocelyne, celle-ci préférant réserver celui de Mamie à ses futurs petits-enfants.

René, le mari de Jocelyne, les attend pour le déjeuner hebdomadaire, presque devenu une tradition. À table, tous trois discutent, se racontent leur semaine et rient beaucoup. La petite fille, l’air malicieux, se balance sur sa chaise, enchantée des attentions de Jocelyne et René.

« Le parrainage s’adresse à toute personne prête à s’investir durablement auprès d’un enfant »

Ce trio attendrissant s’est rencontré par le biais du Secours Catholique en octobre dernier. Jocelyne, à la retraite depuis trois ans, souhaitait consacrer une partie de son temps aux enfants. « Je fais déjà de la lecture dans des écoles mais je voulais m’investir plus personnellement », dit-elle. Elle entend parler du parrainage de proximité, se renseigne sur les associations qui le proposent et c’est finalement le Secours Catholique qui lui présentera Lisa.

« Le parrainage de proximité s’adresse à toute personne prête à s’investir durablement auprès d’un enfant pour l’aider à grandir et à bien se construire, explique Françoise Maurice, bénévole au Secours Catholique nantais et chargée des parrainages. Depuis 2009, nous comptons 25 parrainages toujours en cours. Trois nouveaux seront constitués cet été. »

À la délégation du Secours Catholique de Loire-Atlantique, Jocelyne rencontre Anne Dujardin, une bénévole, qui lui pose de nombreuses questions pour s’assurer de son sérieux. Elle deviendra la référente de leur parrainage. « Mon rôle est de conseiller les parrains et d’intervenir en cas de difficulté, précise la bénévole. Heureusement, je ne suis pas seule pour gérer cela. L’équipe du Secours Catholique me soutient. »

Après un premier entretien réussi avec Nawal, la mère de Lisa, Jocelyne et René rencontrent la petite fille. Tout de suite, le courant passe et depuis les parrains et l’enfant ne se quittent plus. Vacances à la mer, week-ends à la campagne pour la cueillette des champignons, fêtes de l’école, anniversaires… Toutes les occasions sont bonnes pour se retrouver. Aux prochaines vacances, Nawal se joindra à eux.

« Parrainer un enfant, c’est un véritable engagement citoyen »

« J’étais très proche de mes grands-parents lorsque j’étais plus jeune. Je ne voulais pas que Lisa soit privée de ce type de relation », confie la maman de Lisa. Divorcée, elle n’a pour famille que sa sœur qui vit à Paris et sa mère, au Maroc et qu’elle ne voit qu’une fois par an. Un véritable besoin de relation sociale se faisait sentir.

« Le parrainage de proximité, ce n’est pas une question de pauvreté. N’importe qui peut être parrainé, explique Brigitte Alsberge, responsable du département Solidarités familiales au Secours Catholique. Parrainer un enfant, c’est un véritable engagement citoyen. »

En Loire-Atlantique, le Secours Catholique répond à la demande de familles isolées sans soutien familial. « La majorité des enfants parrainés vivent au sein de familles monoparentales, précise Françoise Maurice. Malheureusement, le nombre de parrains n’est pas suffisant pour répondre à la demande des familles. »

Publié sur : www.secours-catholique.org (30 mai 2017)

>> Dans la délégation du Pas-de-Calais, de nombreux enfants sont encore en attente de parrainage. Informations auprès de :
anaelle.gothière@secours-catholique.org

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