Délégationdu Pas-de-Calais

Témoignage de Danielle, tricoteuse, partie à la rencontre des migrants de Calais

Danielle, qui participe chaque vendredi après-midi aux activités du groupe convivial des tricoteuses animé par le Secours Catholique d’Arras, est allée avec huit autres personnes du groupe à la rencontre des migrants de Calais, le 13 juin 2015. Voici son témoignage.

« J’aime tricoter, j’adore tricoter.

Un jour, par hasard, j’ai rencontré Élisabeth qui m’a invitée à la rejoindre dans un local appartenant au Secours Catholique pour tricoter tous les vendredis après-midi.

Bien qu’athée convaincue, je me suis immédiatement sentie bien entourée de ces tricoteuses et j’attendais le vendredi avec impatience. De fil en aiguille, nous avons tricoté pour les migrants de Calais. Car rendons-nous à l’évidence, la misère est à nos portes.

Pour la Journée mondiale du tricot qui a eu lieu le samedi 13 juin 2015, j’ai voulu monter un projet, “Un bonnet pour Calais”. Mais la mise en œuvre s’avérant compliquée et les délais étant serrés, Gilles nous a proposé d’aller à la rencontre des migrants de Calais pour qui nous tricotons tous les vendredis.

Nous sommes partis à neuf, avec une camionnette du Secours Catholique, à la rencontre d’un groupe de Soudanais. Nous avons été accueillis avec du thé dans un abri de fortune. La conversation s’est immédiatement engagée.

À la question « de quoi avez-vous le plus besoin ? » la réponse immédiate fut « de professeurs qui nous enseignent le français et vos us et coutumes. Nous voulons nous intégrer. »

Nous avons rencontré des hommes sincères, chaleureux, ingénieux et éduqués qui fuient la guerre, les persécutions et la misère. En attendant une vie meilleure ils s’activent toute la journée à chercher de l’eau, du bois, à construire des petites maisons. Ils n’ont pas de répit et vivent dans une très grande précarité : un seul point d’eau et soixante douches pour trois mille migrants, des sanitaires disponibles au sein du centre Jules-Ferry de 11 h à 19 h, mais pas d’électricité et pas de chauffage (Témoignage écrit à l’issue de la visite. Depuis des aménagements ont été faits pour permettre aux migrants d’avoir accès à des sanitaires et à des points d’eau. Des associations, parmi lesquelles le Secours Catholique, accompagnent et aident les migrants dans la construction d’abris.)

Un seul repas par jour est servi à plusieurs centaines de mètres voire à des kilomètres, pour certains.

Ils manquent de tout ! Pas de bonnes chaussures, pas de lit, pas de médicaments, pas de famille…

Le mot dénuement prend ici tout son sens.

Musulmans, catholiques, protestants, agnostiques ou athées, blancs, noirs, gris, jaunes, rouges, jeunes ou vieux nous sommes tous des êtres humains et nous avons tous un cœur.

Même à 100 km de Calais chacun, à son niveau, peut faire quelque chose : récolter des baskets, ceintures, ficelles, pantalons, chaussettes, slips, t-shirts, pulls, bâches en plastique, couverture, un cahier, un crayon, des dictionnaires français-arabe, anglais-arabe… Les dépôts peuvent être faits au siège de la délégation du Secours Catholique du Pas-de-Calais (14 bis, rue Noël-Trannin à Arras), en précisant bien sur le sac que c’est pour les migrants de Calais. (Un petit appel au 03 21 15 10 20 pour s’assurer de l’ouverture des locaux évitera tout désagrément.)

Celles et ceux qui veulent partager un moment convivial tout en tricotant peuvent rejoindre notre groupe convivial de tricoteuses pour leur offrir des couvertures des bonnets et des écharpes ! Nous recherchons d’ailleurs de la laine alors si vous en avez en stock, ne jetez plus !

Comme le colibri, nos petites actions individuelles forment un grand fleuve et ensemble nous construisons un monde meilleur ! »

Danielle, tricoteuse et humaniste

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