Délégationdu Pas-de-Calais

Calais

Temps de partage avec les migrants

À l’occasion de la Journée mondiale des migrants et des réfugiés, un temps de partage a été dédié aux migrants le dimanche 20 janvier 2013.

Temps de partage avec les migrants, dimanche 20 janvier.

Des millions de migrants vivent aujourd’hui en dehors de leur pays et participent activement à l’économie des sociétés dans lesquelles ils vivent. Pourtant, ils sont souvent perçus comme une charge et victimes d’abus et de discriminations.

La Journée des migrants est l’occasion de dissiper les préjugés et de sensibiliser l’opinion à leurs contributions dans les domaines économique, culturel et social, au profit tant de leur pays d’origine que de leur pays de destination.

À Calais, un temps de partage a été dédié aux migrants le 20 janvier dernier. La journée était organisée par un collectif de chrétiens du Calaisis avec le soutien du Secours Catholique et du réseau Femmes de Méditerranée. Les bénévoles ont offert une journée inoubliable qui a réchauffé les cœurs et les corps des migrants durement mis à l’épreuve en cette période hivernale.

Mariam Guerey, animatrice au Secours Catholique, revient sur cette journée pas comme les autres :

« Un petit regard sur la journée du 20 janvier 2013

Ce fut pour moi une journée très riche d’émotions, de rencontres et de partage.

Quatre choses ont marqué ma vie à jamais dans cette journée :

- D’abord, mon admiration complète pour tous ces bénévoles qui accueillent sans limites, ils ont réussi avec détermination à offrir une journée inoubliable pour les sans-abri et les déracinés. Une partie de ces bénévoles étaient présents dans la salle pour préparer les tables (couverts, assiettes, verres) comme on invite nos proches, nos amis.
Une autre partie des bénévoles préparaient le repas malgré les conditions très difficiles. Il n’y avait ni chauffage ni eau à cause du froid.
La neige était aussi au rendez-vous, il faisait moins 4 degrés, ça glissait très fort mais les bénévoles ont pris leur voiture. Bien que la chaussée n’ait pas été débarrassée partout, ils ont pris le risque "uniquement pour offrir cette journée".

- Ensuite : vers 11 h je me dirigeai vers la salle pour apporter le pain, j’ai fait exprès de passer devant l’aire "Salam". Il neigeait très fort, j’aperçus un groupe de migrants autour d’un feu, ils attendaient comme d’habitude. Je m’arrêtai. À ma grande surprise et [avec] peine, je constatais qu’ils se chauffaient avec des bouteilles en plastique, faute de bois… Une fumée très noire, une odeur insupportable se répandait aux alentours. J’expliquais que ce n’était pas très bon pour leur santé. Ils me répondirent "nous n’avons pas le choix". C’était très difficile pour moi de voir cela… Ils ont aussi fui leur pays sans pouvoir faire un vrai choix.

- Pourtant, vers 12 h 30 ce qui m’a remonté le moral après ce que je venais de voir, c’était de voir nos frères assis à table, servis à table et voir la joie dans leur regard. Ils étaient 250 migrants. Certains m’ont dit que cela faisait très longtemps qu’ils n’avaient pas été servis à table et accueillis de cette manière.
À 15 h 45, je fis l’annonce de la fin de la journée et précisai que pour ceux qui le souhaitaient il y avait un temps de prière à l’Église. Bien qu’ils fussent en train d’écouter la musique bien au chaud, ils sont partis, dignement. Certains parmi eux nous ont aidés à ranger la salle, ils se sont éclipsés avec un sentiment de reconnaissance et gratitude après quelques heures de bonheur inoubliable qui arrivaient au bon moment de cette période hivernale. […]

- Enfin, certains migrants m’ont demandé qui étaient les personnes qui avaient organisé cette journée ? Et pourquoi ?
J’ai répondu, c’est un collectif de chrétiens du Calaisis avec le concours du Secours Catholique, aussi les Femmes de Méditerranée […] qui avaient préparé le tajine et aussi grâce en grande partie à la générosité des donateurs.
Pourquoi [cette journée] ? J’ai répondu, par charité, par amour, par solidarité et bienveillance. Ils m’ont répondu qu’ils "n’arrivaient pas à croire qu’il y avait encore tant d’amour et de bienveillance sur cette terre avec tout ce qu’ils avaient dû traverser pour arriver jusqu’ici". Cela confortait leur idée de départ : la vie pouvait continuer tant qu’il y avait des gens aussi généreux. Ils iraient tous au paradis "Inch Allah".

Quand à moi je vous dis bravo et un grand merci à vous tous pour votre grande humanité.

Mariam Guerey,
Animatrice au Secours Catholique »

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